Je venais d'atteindre le syndrome dépressif,
et c'était donc la tristesse, qui ne cessait de me
poursuivre, qui ne cessait de me détruire. †
" Non, je ne me fous pas de toi maman._
_J'arrive_ juste pas à _m'intéresser à la_
_population_ exacte de_ la Chine _ou à_
_l'activité _des _cellules. _Parce que la _
_seule _chose_ à laquelle _je _pense _
_maman_, la seule chose_ qui me fait _
_mal, _c'est lui _et cette_ connasse. Et _
_comment _je vais_ pouvoir _leur faire _
_aussi mal qu'ils m'ont fait mal maman?
_Comment je vais pouvoir faire ça ?
_Comment ? "
Je n'ai pas pu te dire au revoir. Je ne peux pas te dire au revoir. Tu es le fruit de mes entrailles. Mon sang, ma vie. Si je suis sur Terre, c'est parce que je suis bercée par les illusions que tu m'envoies de ton paradis. Espoir chétif de ta présence ailleurs, dans un endroit que nous seules pouvons connaître et que je finirais par dénicher un jour. Je te vois. Dans la rue, à la maison, dans mes livres, dans mes rêves. Partout. Je te vois dans chaque personnes que je croise , je ne voie plus leurs visages. Je cherche ton visage . Et puis je me souviens, de ce jour maudit où la vie m'a abattue. Et je tombe. Plus bas que terre. En enfer. Dans ce monde où tu n'es plus. Ce monde où j'erre, où mon apparence spectrale s'efface seconde après seconde.
Je vomis ton absence. Je crache ton silence. Et je m'enfonce, dans la sécheresse d'une vie terne et sans couleur, dans les racines d'un monde sans soleil.
Tu étais l'arc-en-ciel de mon existence. L'écho de ton rire résonne encore jusque dans la moelle de mes os. Tu as été ce papillon qui s'envole trop tôt. Et je suis cette marque de toi, indélébile et fragile. Cette peluche oubliée dans un parc, vieillie par les effluves du temps et de l'usure. Je suis ce reste de toi, ce souvenir de ton existence. Je suis cette fille qui n'a plus de but.
